Issa, "batikier" hors pair (1)

Publié le par La griotte


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C'est en fin d'après midi, qu'Issa m'a très chaleureusement ouvert les portes de BATIK SANS FRONTIERES, boutique de batik située à Château 1, en plein coeur de Niamey.

Issa, 30 ans, dirige sa petite entreprise depuis 1996.
Il a été formé au centre de formation du Musée National de Niamey, et a ensuite entamé un voyage de 2 ans au sein de la sous-région pour y étudier les différentes techniques : Ouaga, Lomé, Cotonou, etc.
Un véritable globe trotter du batik.

Issa m'a patiemment expliqué les différentes étapes de la confection d'un batik en en créant un sous mes yeux !

Mais avant d'entrer dans le vif du sujet, un peu d'histoire (j'aime bien placer le contexte).
Le batik est une technqiue de coloration des tissus. Le mot batik serait d'origine malaise et indonésienne et signifierait "ce qui se dessine, s'écrit, se peint".
A priori, cette technique existait déjà en Egypte ancienne (au temps des pharaons). De nombreuses ethnies d'Afrique de l'Ouest utilisaient elles aussi une technique similaire à base de boue ou de pâte de manioc.
La technique à la cire aurait été rapportée d'Indonésie au 16ème siècle par des militaires ghanéens.

Contexte placé, les tocs de la griotte sont satisfaits, nous pouvons débuter.


1ère étape : le dessin


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Issa a créé certains motifs lui-même et en a hérité d'autres de ses différents professeurs.
Le motif ci-dessus, la mère du monde, est une création d'Issa en hommage à toutes les femmes africaines, gardiennes de notre planète.
Ici les hommes travaillent 3 mois dans l'année (lors de la récolte, NDLR) et ne respectent pas les femmes qui travaillent toute l'année.

La première étape consiste donc à décalquer ce modèle sur un tissu blanc 100% coton, au crayon papier ou au bic.

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2de étape : application de la cire

Une fois le dessin terminé, la cire chaude est appliquée à l'aide d'un pinceau sur tous les espaces que l'ont veut "blanc" : contour du dessin, mais aussi fond du dessin dans le cas de la mère du monde. Seuls les espaces non cirés seront colorés.

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Le tissu est dorénavant tout raide et encore tiède de la cire qu'Issa vient d'appliquer.

3ème étape : les craquelures

Un des charmes du batik réside dans les craquelures du dessin.
Pour des craquelures horizontales, suivre la démonstration ci-dessous :

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Ne reste donc plus qu'à colorer le tissu et à en enlever la cire. Nous verrons ces deux étapes dans un prochain article.
Nous étudierons aussi les différences de motif entre les pays, l'origine des pigments utilisés,
bref que des choses très très passionnantes non ? Un peu de culture confiture ne fait de mal à personne de temps en temps.

Kala a ton ton.

Publié dans Reportages photos

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Melina 19/04/2011 13:53



Sacré Issa, toujours sur les bons coups :) C'est rigolo de voir un copain dans le blog d'une inconnue.


J'ai parcouru ce blog vite fait, les articles me semblent très intéressants .... et en plein au coeur de la culture de là-bas.



cathy 28/01/2010 11:51


commentaire trop vite tapé,bourré de fautes;excusez moi pour ce manque de respect de la langue!!!!


cathy 28/01/2010 11:49


souvenirs,nostalgie quand tu nous tiens,te rappelles-tu du batik senégalais qui représenté un perroquet que nous avions installé dans notre maison de campagne!!!!
les batik de couleur bleu m'ont toujours fait craqué,réserves en moi quelques uns !!!!
arrive-t-il à vivre de sa passion notre cher Issa,ses clients sont-ils nigériens?
vivement la suite de l'article!!!