Au conditionnel

Publié le par La griotte


Je commence juste à écrire cet article et ¤ Badaboum ¤ le noir total, la coupure.
Un aparté pour vous dire que le Niger souffre relativement peu de ce phénomène de coupures de courant (beaucoup moins que le Sénégal en 2006 en tout cas).

Je vais revenir aujourd’hui sur « l’état sécuritaire » du pays.

Tout d’abord, il est important de noter que cet article est écrit au conditionnel. Je ne suis pas plus, pas mieux et sûrement moins bien informée que bien des personnes.
Je vais uniquement relater des faits entendus à la radio, à la télé, et auprès de diverses connaissances (européennes, nigériennes, et africaines plus largement).

La carte et les limites que j’avais tracé ici sont toujours d’actualité. D’autant qu’un couple d’italiens a de nouveau été enlevé au sud est de la Mauritanie, à la frontière du Mali et de la Mauritanie. Al Qaïda serait soupçonné dans cette affaire, ainsi que dans celles du français et des trois espagnols enlevés début décembre au Mali (non loin de la frontière avec le Niger).

L’activisme de groupes terroristes dans notre belle bande sahélienne ne serait donc plus à démontrer.
En outre, une 60aine de terroristes présumés auraient été arrêtés il y a quelques semaines à la frontière de l’Algérie et du Niger alors qu’ils tentaient de pénétrer au Niger (via le désert). On en aurait arrêté 60, mais combien pourraient avoir réussi à pénétrer ?

Enfin (toujours au conditionnel), une tentative d’enlèvement aurait eu lieu à Niamey début décembre. Je ne vous dirai pas où et qui en a été la cible, parce que je ne pense pas que cela apporte quelque chose au débat et, que si cela se révélait exact, cela pourrait être plus dangereux qu’autre chose pour les concernés.
Cette info n’est donc pas vérifiée, mais elle témoigne du fait que ces divers évènements occupent l’esprit des habitants de Niamey (et plus particulièrement des nassara je pense).

En parallèle de ces évènements « terroristes » ou crapuleux, la situation politique du pays est, elle aussi, source de préoccupation pour la population, les instances nationales, sous régionales et internationales.

Résumé succinct : le président actuel, M. Tandja, a (entre autres) modifié (par le biais d’un référendum très controversé) la constitution en août 2009 de façon à pourvoir être réélu indéfiniment à la tête du pays. Demain, 22 décembre, il arrive au terme de son second quinquennat et aurait donc du « céder » la place.

Diverses manifestations et grèves ont lieu dans le pays. Les différentes ambassades conseillent à leurs ressortissants d’éviter de donner leur opinion et d’amorcer des discussions sur ce thème, certaines personnes disent que les téléphones pourraient être sur écoute, enfin, il est aussi dit que le nombre de policiers en civil n’a jamais été aussi important.

Pour finir, notons aussi que certaines organisations (ONG, entreprises et autres) ont mis en place des mesures de sécurité pour leur personnel : certaines zones (très proches de Niamey) sont fortement déconseillées, un couvre feu a été décrété (les bureaux doivent être vides à 17h), etc.

La vérité, c’est qu’au quotidien, nous ne ressentons absolument aucune tension (je parle en mon nom, mais je pense que c’est le sentiment qui prévaut).

Voilà un tour d’horizon (très personnel) de la situation politique et sécuritaire du pays.

Nous nous sentons donc tout à fait en sécurité, même si nous ne tenterons pas le diable en faisant du stop pour aller à Agadez ou en participant à des meetings politiques !

Kala a ton ton

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yvon 22/12/2009 10:42


La région sahélienne semble très animée.
Ici en Normandie seule la  frontière avec la Bretagne est sensible (bien sur tjrs à cause du Mont st Miche mais sans atteindre pour l'instant le niveau d'insécurité du Sahel).
Salut le tonton kalaa   


La griotte 23/12/2009 11:51


 tu nous as bien fait rire avec le breton ST !