Florilège d’expressions – Première partie

Publié le par La griotte


En route pour notre seconde étape !


Je fourmille d’idées d’articles ainsi que de petits reportages sur la société nigérienne.
Les thématiques abordées pourraient être la répudiation (si une incursion au Conseil Islamique est possible), les scarifications (pratique qui semble encore très usitée même sur les jeunes), les relations hommes/femmes, etc.
Mais cela ne fait qu’une semaine que nous sommes ici, même si nous avons l’impression que ça fait un mois au bas mot ! Et je ne pense pas encore avoir le recul nécessaire pour aborder ces sujets.

Je vous propose donc un florilège des expressions qui ponctuent notre quotidien et que nous avons complètement intégré à notre langage de tous les jours.

Commençons par quelques salutations, qui sont bien plus savoureuses en y mettant l'accent que par écrit, soit dit en passant :

> Fofo ! LE mot pour dire salut, merci, au revoir. S’il y a un mot à connaître  ici c’est bien celui là ! Fofo donc les amis !

> Bien réveillé ? C’est le bonjour du matin. Quand je vous disais que la fatigue était un centre de préoccupation d’envergure !

> Bonsoir, ça va ? Après le « bien réveillé » matinal c’est le bonsoir qui s’impose tout au long de la journée. Peut-être parce que chacun est pressé de se recoucher ? Ou peut-être parce que les gens se levant tôt en grande majorité (la 1ère prière est à 5h), à partir de 10h on estime que la journée est bien entamée ? Promis, je creuse la question.

> Bonne arrivée !  Que tu arrives au bureau, que tu rentres dans un restaurant, chez toi ou dans une boutique, les gardiens n’ont que ce mot à la bouche. C’est un « bienvenue » en plus chaleureux.

Ces quelques mots soulignent bien la chaleur humaine qui règne ici.
Chaleur qui est bien plus marquée et présente qu’au Sénégal. Tout le monde a le sourire facile, et quand je dis sourire, c’est la banane, pas le pincement parisien ! De plus, aucune salutation n’est machinale, au contraire, toutes semblent sincères et amicales.
C’est bien la première fois que j’éprouve le sentiment d’être entourée de personnes ouvertes et bienveillantes, alors que ce sont des inconnus et que nous ne partageons que peu de choses à priori.

Je ne cherche pas non plus à vous faire croire que nous avons trouvé le jardin d’Eden (ne serait-ce qu’en raison des températures qui règnent ici !), et encore moins à faire l’éloge d’une Afrique solidaire et merveilleuse qui n’existe pas plus qu’un Kadhafi défenseur des droits de l’Homme. Toujours est-il que les nigériens semblent être des gens très aimables et attachants.

Mais continuons donc sur ces fameuses expressions du quotidien :

> Shap shap : rapide.
A dire au taxi quand on ne souhaite pas qu’il prenne 10 clients en cours de route et fasse donc 10 détours pour les emmener à bonne destination.  En effet, les taxis sont collectifs : le prix de la course est fixe à 200 FCFA (soit 0,30 €) et le taxi peut embarquer jusqu’à 4 clients (sans compter les enfants qui s’insèrent dans les trous et sur les genoux) qui vont dans la même direction (à peu près hein !). Le temps de trajet est donc élastique.
On peut aussi recharger son « mobile » (téléphone portable) shap shap : le système de forfait n’existe pas, nous devons donc acheter des cartes de recharge. Mais, nous avons aussi la possibilité de recharger les téléphones auprès de revendeurs shap shap qui transfèrent du crédit sur les mobiles grâce à un texto.

> Brousse : c’est la campagne par opposition à la ville. Ce n’est donc pas que le royaume des éléphants et autres lions. Les marchés de brousse sont à priori très intéressants à « visiter ». C’est d’ailleurs une destination de week end proche de Niamey (pour blancs un tant soit peu aventureux, à déconseiller donc aux expat’ Ferrero Rochers).

> Latérite / goudron : très peu de routes sont goudronnées, aussi surprenant que cela puisse paraître dans une capitale (d’ailleurs, beaucoup de « goudrons » ont été inaugurés pour l’année de la francophonie en 2005).
Les grands axes sont donc appelés « goudrons » et toutes les rues perpendiculaires sont des « latérites ». Mon bureau se trouve ainsi 3ème latérite à droite après la station Total sur le boulevard Mali Bero.
La latérite (de later, brique) est la fameuse terre rouge qui colore beaucoup de paysages africains. C’est Rolland Garros tous les jours !



Le titre laissait sous-entendre qu’il y aurait une seconde partie.
Et c’est le cas !
Teasing d’enfer, stratégie marketing ou réelle envie de dormir (après une journée de visites de maisons, tests de voitures et autres réjouissances, sous 40°…) ?

Kala a ton ton (au revoir, à prononcer kala a tone tone) et à bientôt dans le second épisode, Inch'Allah !


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Publié dans Au quotidien

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Victor 28/09/2009 13:02


Ah bah c'est pas cher le taxi là bas... Et est-ce qu'il y a un compteur sur certains taxis ? Et shap shap pour que le taxi ne fasse pas de détour! Sinon 20 détours plus tard...


La griotte 28/09/2009 19:25


Effectivement le taxi n'est pas très cher pour moi. Mais pour certains nigériens c'est encore trop cher par rapport à ce qu'ils gagnent ! Et non ici il n'y a pas de compteurs du tout.  C'est
très différent ! mais tu verras on prendra le taxi quand tu seras là. En espérant qu'on ne sera pas trop nombreux


heloyZ 24/09/2009 10:26


Très jolie plume que je découvre au fil de ce blog, je ne m'attendais pas à tant d'anecdotes si vivantes et particulières... Bravo pour ces extraits de vie qui font voyager ;)

Anna


La griotte 28/09/2009 19:27


Merci beaucoup Anna ! En espérant te faire voyager encore un peu. A bientôt au fil de ce blog.